Char Somua en position défensive

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L'escadron motos se met en route vers la ferme de Berthonval

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Char SOMUA S35 de la 3e DLM détruit, inspecté par les allemands

 

Le 4e Regiment de dragons portés

EN ACTION près d’Arras

 

22 et 23 mai 1940, avec les hommes du 4e Régiment de Dragons Portés

 

L'attaque vue par le Maréchal des Logis Pitois, chef d'un char du 18e Dragons.

« Le 22 mai, je me suis mis avec mon char à la disposition du capitaine de Salins, du 18e Dragons. Nous sommes à Neuville-Saint-Vaast. Le colonel Pinon, qui commande les « Somua », vient nous annoncer que nous devions monter une attaque en direction de Mont-Saint-Eloi. Il est 13 heures ; les chars prennent leurs emplacements et attendent l’heure d’attaquer.

Le temps est superbe et nous sommes tous en bonne forme, car nous avons une confiance entière dans nos engins, principalement en attaque.

L'heure H est 14 heures. Les moteurs ronflent et, en avant, les chars s'ébranlent à travers la campagne. Au bout de quelques minutes, les premières rafales se font entendre, puis des coups de canon répétés ; ce qui paraît le plus étrange, c'est que l'ennemi ne riposte pas. Sur quoi tire-t’on ?

L'attaque se poursuit ; nous arrivons alors à la ligne défensive d'armes anti-chars anglaise ; quelques-unes de ces armes sont anéanties quand nous passons à côté.

Nous continuons ; la fusillade est calmée pour peu de temps. Nous apercevons du haut d'une crête la silhouette du Mont Saint-Eloi que domine une grande tour en ruines. A notre droite s'élève le sanctuaire de Notre-Dame de Lorette.

Notre avance est subitement arrêtée, car une colonne de réfugiés traverse notre champ de tir, nous cessons le feu pour le reprendre quand nous avons dépassé ces malheureux.

Nous approchons du but ; nos chars encerclent le pays, tout d'abord nous ne voyons rien, mais les dragons portés qui nous accompagnent attaquent à la grenade et font sortir de leurs trous les avant-postes allemands qui y étaient installés.

Nous avons fait environ une soixantaine de prisonniers.

Le village est pris, l'infanterie installe ses armes antichars et ses avant-postes à son tour, nous faisons ensuite le nettoyage des caves. Dans une ferme, des véhicules brûlaient, sauf une "tous terrains" que nous avons emmenée.

La nuit venue, nos chars se replient sur Neuville ; nous faisons le ravitaillement au clair de lune et prenons quelques heures de repos. »

 

A Mont-Saint-Eloi, le 23 mai au matin, avec les hommes du 4e Régiment de Dragons Portés

La nuit a été calme. Là-bas, vers Bray, des troupes ennemies débarquent et beaucoup de chars adverses effectuent des patrouilles.

Les positions du 1er Bataillon du 4e RDP sont immédiatement modifiées devant l'intense activité allemande qui se manifeste dans ce secteur.

Elles se déplacent donc vers la ferme de Berthonval. Pas d'incident grave, toutefois plusieurs hommes sont blessés.

Le Maréchal des Logis Pitois raconte :

« A l'aube, nous repartons au Mont-Saint-Eloi pour une installation en défensive autour du pays. Tout est calme, quelques obus tombent ça et là.

Tout à coup, un bruit suspect, venu d'une cave, attire notre attention ; immédiatement, des hommes la fouillent et en sortent six allemands qui y avaient passé la nuit au grand étonnement des Dragons Portés ; ceux-ci avaient dormi à côté d'eux d'un sommeil profond. Une fouille nous permit de prendre une quantité de fusils et de mitrailleuses.

Une heure plus tard, nous subissons un bombardement d'artillerie qui s'amplifie jusqu'à devenir intenable. Les Allemands contre-attaquent pour reprendre le village, nous tenons bon, mais un ordre parvient : nous protégeons le repli des Dragons Portés et nous décrochons les derniers.

Nous étions à peine à 400 mètres du village que des batteries ennemies y étaient déjà installées et nous tiraient à vue. Les obus sifflaient : ce fut une véritable pluie de feu, quelques-uns de nos chars brûlaient, mais je ne pus voir de quoi il s'agissait.

Cette retraite dura environ 45 minutes, qui nous parurent longues. Quand nous arrivâmes à l'abri d'une crête, nous pensions le combat terminé.

A ce moment, un officier du 4e Régiment de Dragons Portés vint demander au capitaine de remonter une attaque pour dégager un escadron encerclé.

Il nous fallut donc repartir; dès le passage de la crête le même orage recommençait avec encore plus d'acharnement, l'ennemi se rendant compte de notre manœuvre.

Par un feu nourri, nous avons pu réussir à dégager l'escadron encerclé et les hommes étaient heureux de revenir au milieu de nous.

C'est un combat qui restera gravé dans ma mémoire, car c'était le premier engagement sérieux auquel je participais. »

 

Entre Mont-Saint-Eloi et Neuville-Saint-Vaast

La ferme de Berthonval et ses environs deviennent un bastion. Les escadrons Lejoindre et Arnemann y prennent position. A 500 mètres en arrière, se placent l'escadron motos de Marne, les pelotons de mitrailleuses et les mortiers de 81 m/m du 5e Escadron.

 

Carency...

A Carency et aux lisières ouest et sud-ouest du bois, le 2e Bataillon du 4e RDP s'est établi en position défensive depuis la veille.

Une patrouille de fusiliers voltigeurs du 8e Escadron est envoyée dans la direction de Villers-au-Bois. Ces quelques hommes ramènent le renseignement suivant :

« 2 colonnes motorisées allemandes avancent, l'une vers Carency, l'autre vers Mont-Saint-Eloi.

Dans ce secteur patrouillent également un groupe de chars Hotchkiss et des Somua du 18e Régiment de Dragons.»

 

Du côtè des Allemands de la 5e PZ Division (1er Bataillon du 31e Régiment de blindés et le 1er Bataillon du 13e Régiment de fusiliers.)

Vers 12 heures, le 1er Bataillon de chars doit avancer vers le nord en enveloppant Mont-Saint-Eloi par la gauche et l'infanterie doit coopérer à sa capture. Les accès au village sont bien fortifiés avec des barricades et les Français disposent de beaucoup de munitions. De plus, ils ont placé pas mal de mines.

La poussée des chars commence vers 12 heures et, pour 13 h 30, le village est aux mains du 1er Bataillon de Fusiliers qui le nettoie. Le régiment blindé pousse alors vers la ferme Lamotte et il se place dans un bois au nord.

15 h 30. Le 2e Bataillon du 13e Régiment de Fusiliers qui monte vers Mont-Saint-Eloi est fortement attaqué devant Bray

Le feu est terrifiant. Un officier du génie allemand est envoyé à moto vers Mont-Saint-Eloi pour connaître la situation, mais il ne peut quitter Bray car il y a là les véhicules du bataillon dont les chauffeurs pris de panique, cherchent à se retirer de cet endroit malsain. Il doit sortir son revolver et avec son chauffeur, ils apportent le calme et empêchent tout repli non justifié.

Dans Bray, il est impossible de voir les forces engagées qui sont sur les vallons. L'officier parvient à se rendre jusqu'à un poste avancé et on lui confirme qu'une contre-attaque est lancée par les Français. Il peut alors voir à 1 km environ 6 tanks et un bataillon d’infanterie qui approchent. Vivement il revient au PC de la Division et l'ordre est donné au 1er Bataillon d'avancer...

 

     

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La dernière mise à jour de ce site date du 27-déc.-2010