III - Le 33ème régiment d’infanterie de ligne

 

Début 1803 la 33e Demi-Brigade devient 33e Régiment d'Infanterie de ligne. Envoyé à Tournai le 25 avril, celui-ci est au Camp d'Ostende le 29 août pour relever l'armée des Côtes.

Il forme avec le 15ème Léger, la Brigade Heudelet de la Division Friant (3e corps de la Grande Armée) en août 1805. Sous les ordres du Maréchal Davout, le 3ème Corps quitte Ambleteuse, où il se préparait pour l'invasion de l'Angleterre. Il franchit le Rhin à Mannheim puis le Danube à Neubourg (8 octobre). Il assista à la prise d’Ulm et entra dans Vienne, capitale de l’Autriche.

Appelée par Napoléon, le 2 décembre 1805, pour renforcer l’armée, la division Friant, ne voulant pas manquer le combat, fit une marche de près de trente six lieues soit 144 kilomètres en quarante huit heures pour prendre une part décisive à la victoire d’Austerlitz. Elle prit une part glorieuse au combat, et dès le lendemain, malgré les fatigues des jours précédents, elle s’élança à la poursuite des Russes.

L’année suivante, le 33e assista à la brillante bataille d’Auerstaedt où, avec le 48e, il déborda la droite ennemie, 20000 français, à force d’énergie et de ténacité, résistèrent à 60000 allemands et les dispersèrent. Continuant sa marche en avant, il entre à Varsovie fin novembre et s'empare de 3 canons à Nazielsk, le 24 décembre. En récompense de leur valeur dont il fit montre dans cette bataille, le 3e corps, dont faisait alors partie le 33e, eut l’honneur d’entrer le premier dans Berlin, capitale de la Prusse.

Le 26 janvier 1807, la compagnie de voltigeurs du 2e bataillon, commandée par le capitaine Maret, assaillie aux avants-postes par huit cents cosaques et deux cents fantassins, résista pendant plusieurs heures à ces forces supérieures et les avait mises en fuite avant l’arrivée des secours. Cette compagnie fut mise à l’ordre du jour de l’armée.

A la sanglante bataille d’Elyau (6-8 février1807), le régiment enleva, perdit et reprit un village contre des masses d’infanterie russe, malgré les menaces de la cavalerie ennemie. Le maréchal Davout parcourait les rangs en disant : « Les lâches iront mourir en Sibérie, les braves mourront ici en gens d’honneur ». Enfin, la victoire nous resta ; Mais les Russes avaient montré une belle résistance telle qu’on a dite en parlant d’eux : « Non seulement il faut les tuer, mais encore les pousser pour les faire tomber. ». La division Friant fut encore mise à la peine dans la campagne suivante : Le mouvement tournant qu’elle exécuta sous bois contribua beaucoup au succès d’Eckmül.

En octobre 1808 la Grande Armée cesse d'exister et toutes les troupes stationnées à l'est du Rhin sont organisées en une seule armée, l'Armée du Rhin, confiée au Maréchal Davout. Le 33e d'Infanterie s'établit dans le pays de Bayreuth au cours des premiers jours de janvier 1809.

Mais dès le 9 avril, les hostilités reprennent contre l’Autriche. L'Armée du Rhin devient 3e Corps. Après quelques combats préliminaires le 33e prend une part active à la bataille d'Eckmülh le 21 avril. 

Puis il se rend à Vienne où il parvient le 19 mai pour procéder à quelques opérations de nettoyage dans le secteur de Rusdorf. Après avoir couvert le passage du Danube, il aborde avec toute sa division, au pas de charge et baïonnette au canon, les Autrichiens retranchés autour de Wagram et les met totalement en déroute lors de la grande bataille de Wagram (6 Juillet 1809). Le régiment en montrant sa vigueur accoutumée, verra le nom de cette bataille, inscrit sur son drapeau.

Les Autrichiens implorant la paix, le 33e s'installe le 18 juillet au Camp de Kritzchen et vient en octobre s'établir à Vienne.

Le 1er février 1812, l'armée d'occupation, dénommée armée de l’Elbe, constitue le 1er Corps de la Grande Armée destinée à opérer contre les Russes. Placé sous les ordres du Maréchal Davout, il comprend notamment la 2e Division du Général Friant avec le 33e R.I.

Le Niémen est franchi début juin et, la 2e Division est détachée à l'avant-garde sous les ordres de Murat. Elle rejoint à Witebsk alors que la bataille est déjà engagée. Placée à l'extrême gauche de la ligne elle ne sera pas engagée.

Après le passage du Dniepr, la division rejoint le 1er Corps à Smolensk le 18 août, et suit le mouvement général en direction de Moscou.

Le 5 septembre, la Grande Armée se heurte à l'armée russe dans la campagne de Russie solidement établie sur une position fortifiée en avant de la Moskowa. Détaché temporairement à l’avant-garde, en soutien de la cavalerie de Murat, le 33ème manœuvre sans cesse en première ligne sous le feu et la mitraille, il résiste pendant 3 jours à toutes les charges de la cavalerie ennemie appuyées par une importante artillerie. Mieux il contraint l'ennemi à l'abandon et se lance à sa poursuite, mais cette conduite héroïque coûte très cher au régiment : plus de 1000 hommes sont hors de combat. Mais dès le lendemain, il est détaché à nouveau avec toute la 2ème Division à l'avant-garde, il traverse Moscou et se dirige sur Vladimir et Kalouga.

Après l'incendie de Moscou le 18 octobre, la 2e Division couvre la retraite pendant deux jours, puis, après sa, jonction avec le 1er Corps, continue sa marche vers Malo-Jarolavetz. Et la retraite se poursuit, chaque jour plus pénible et plus désastreuse en raison de la neige, du froid et des harcèlements incessants des Cosaques.

La frontière russe est enfin franchie vers la mi-décembre et Davout va réorganiser son Corps d'Armée à Thorn.

Le 24 janvier 1813, le 1er Corps quitte Thorn pour Posen et Stettin. En juin, il garde la ligne de l'Elbe sous les ordres de Vandamme , le 33e est à Magdebourg.

Dès la reprise des hostilités tout le 1er Corps passe sous les ordres directs de l'Empereur, livre la bataille de Dresde et s'empare de Kulm mais, pris en tenaille par deux corps alliés forts l'un de 100.000 et l'autre de 50.000 hommes, il ne doit son salut qu'en se jetant dans les montagnes de Bohème abandonnant à l'ennemi toute son artillerie et son général en Chef.

Durant l'année 1814, le 33e occupe Luxembourg, mais ne participe à aucune opération. L'empereur est à l'île d'Elbe après avoir abdiqué en faveur de son fils.

 Dès les premiers jours de juin 1815, le 33e R.I. forme avec le 36e R.I., la 2e Brigade confiée au Général Lagarde. Celle-ci appartient à la 11e Division (Berthezene) du 3e Corps (Vandamme) qui se réunit dans la région de Rocroi et Philippeville.

Le 3e Corps se met en marche le 15 juin. Il passe la Sambre à Charleroi et vers trois heures de l'après-midi il se trouve, avec le corps de Grouchy, en présence de 25.000 Prussiens qu'il culbute rapidement.

Le lendemain, il conquiert, à trois reprises successives, contre les Prussiens de Blücher le village de St Amand près de Ligny qui reste définitivement en sa possession. Poursuivant son avantage, il franchit la Dyle mais Grouchy, apprenant dans la matinée du 19 le désastre de la veille à Waterloo, ordonne la retraite sur Reims par Namur, Rocroi et Rethel.

Le 33e Régiment d'Infanterie est licencié le 25 août 1815. Les personnels sont versés à la 39e Légion d'Infanterie.

Durant cette glorieuse épopée ses colonels ont-été :

- Saint-Raymond

1805

- Pouchelon

1807

- Maire

1812

et la liste de ses campagnes éloquente :

1803 :                     Armées des Côtes

1805 :                     à la Grande Armée : Austerlitz

1806 - 1808 :           à la Grande Armée : Auerstaedt - Eylau - Dantzig

1809-1800 :             Armées du Rhin et d'Allemagne : Eckmühl – Wagram - Stettin

1812-1815 :             à la Grande Armée : La Moskova - Kulm.

1814 :                     Luxembourg

 

 

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Voltigeur du 33e de ligne

 

L'aigle impérial du 33e de ligne

 

 

 

la grande bataille de Wagram (6 Juillet 1809)

 

 

 

 

 

 

 

La retraite de Russie après l'incendie de Moscou.     

 

 

 

 

 

La prise de la ferme de la Haye Sainte lors de la bataille de Waterloo.